• Fernande, je ne t'ai jamais connu, et pourtant à travers la mémoire de ceux qui me parlent de toi, j'ai l'impression de t'imaginer.

    Fernande, une maman qui lavait ses tasses dans l'eau où bouillaient les couches des enfants.

    Fernande, qui faisait sécher les couches culottes de ces bébés devant la cheminée.

    Fernande, qui avait tant d'amour qu'elle n'en voulait jamais à personne.

    Une femme qui avait tout à donner.

    Fernande, qui te recevait avec un bon dîner, mais il ne fallait pas regarder si tout était propre. Avec elle, tu te régalais, parce qu'elle savait très bien cuisiner.

    Fernande, qui aimait beaucoup tricoter, et parler avec tout le monde.

    Fernande, qui était marié à un alcoolique, un homme tout de même chaleureux, mais malheureux.

    Fernande, dont le mari s'est pendu, se suicidant à l'aide d'une corde.

    Fernande, qui a vu ses nombreux enfants s'éloigner, et ne plus donner de nouvelles.

    Fernande, qui est descendue dans la dépression, mais qui, à l'aide de ma grand mère, de ma mère, a su se relever.

    Une femme courageuse, pour qui la vie a été compliquée.

    J'aurai beaucoup aimé te connaître, Fernande, parce que d'après ce qu'on me dit, tu m'aurais beaucoup plu. Oui j'aurai voulu t'apporter un peu d'amour, comme l'ont fais mes proches, et parler avec toi autour d'un repas.

    Oui j'aurai aimé apprendre à te connaître, parce que tu étais une femme touchante. Et une femme forte.

     

    Aujourd'hui, j'avais envie d'écrire sur les souvenirs, tant que je les avais à porté, pour ne pas oublier la personne qu'elle était.

    Qu'en pensez vous ?

    Sasha


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  • Grand mère était hospitalisée, ce jour là.

    Et j'ai vraiment été émue par le geste de mon grand-père, lorsqu'il m'a été raconté.

    La visite était terminée, il était temps de rentrer avant qu'il ne fasse nuit. Les sentiments prennent le dessus, dans ce genre de situation. Lorsque vous avez l'impression d'abandonner la personne qui doit rester dans cette chambre terne, seule.

    Après des embrassades, une légère étreinte, mon grand-père est descendu par l’ascenseur, rejoignant le parking à petit pas, repérant rapidement la voiture.

    Il s'est retourné, à levé le nez vers le bâtiment, et a vu grand-mère, derrière la vitre de sa chambre, qui attendait de pouvoir lui faire un coucou.

    De sa main, il lui envoya deux baisers, qui lui furent rendus, avant de monter dans son automobile.

     

    Ce geste restera à jamais dans ma mémoire.

    Sasha.


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  • Aujourd'hui, j'ai enfin remis de l'ordre dans mon placard. Avant, je le rangeais sans vraiment le faire, je planquais juste le désordre sans rien trier. Je n'en avais pas encore trouvé la force, en fait, je crois que c'est parce que j'avais peur de revoir toutes les affaires qui t'appartenaient et que je gardais. J'avais raison, dans tous les papiers que j'ai trié, un paquet venait de toi. Tous ces dessins, ces mandalas, et évidemment, ce carnet de timbre que tu m'avais offert. J'en prend vraiment soin, il est même encore dans son emballage, avec mon prénom écrit de ta main. Et puis, tous ces Diddles que tu me partageais rangés dans un classeur que je n'ai pas pu me résoudre à donner. Non, parce que tous ces objets, ces papiers, renferment un morceau de ton âme, et que tu n'es plus là pour m'offrir d'autres présents. Ça me touche encore, toutes ces choses, même si je me dis souvent que tu n'aimerais pas me voir triste. C'est trop dur.

    Je ne sais pas si je suis forte où faible, jamais. J'ai été calme pendant tout le rangement, mais maintenant que j'y repenses, j'ai envie de laisser les larmes couler sur mes joues, parce que c'était difficile. Et encore, je n'ai fais que la moitié de mon placard, il me reste encore les peluches que tu m'as donné à affronter. Mais ce ne sera pas pour ce jour-ci. Je ne me sens pas de le faire.

    Je ne suis pas courageuse. J'ai l'impression qu'à chaque pas, je m'enfonce dans la boue, je me fais engloutir par le sol. Parfois, quelqu'un m'aide à me relever, à me redonner le sourire, à changer mes pensées. Mais tu restes dans mon cœur, alors je ne peux que penser à toi.

    Maintenant bien sûr, c'est beaucoup moins douloureux qu'auparavant, j'arrive à penser à toi avec le sourire, mais comme tout le monde, il y a des moments où ça me rend triste.

    Souvent, je me demandes si ce que je fais te plairais, où si tu serais déçue.

    Je ne savais même pas que tu étais malade.

    Étais-je une vraie amie pour toi ?

    Je ne sais plus trop où j'en suis.

    J'ai vraiment envie que tu sois là, mais si ta vie n'était que souffrance, je comprends que tu sois partie. J'ai beau me dire que tu es mieux là-haut, que tu es plus heureuse, les pensées ne suffisent pas. Je suis égoïste, je voudrais simplement que tu sois là.

    Et j'ai peur qu'une autre personne proche ne s'en aille aussi brusquement.

    Je suis anxieuse.

    Je suis stressée.

    Tout le temps, même si je ne le montre pas.

    Surtout la nuit. J'ai peur de dormir, parce que j'ai mes périodes.

    Toutes ces fois où la nuit, je me réveille et je pleures, le corps tremblant, la panique enserrant mon cœur, et le noir de la pièce m'oppressant. Dans ces moments là, je ne suis pas capable d'effectuer le moindre mouvement, j'ai du mal à respirer, et j'ai peur. Parfois, je ne sais même pas pourquoi, mais mon cœur se met à battre plus vite, et c'est fini. Je sais que je ne pourrais pas me rendormir, que je craindrai les nuits suivantes. Sauf les fois où je tombes d'épuisement.

    Je ne sais pas à qui demander de l'aide, je n'en ai pas la force, de toute façon.

    Tu me manques.

    Tu as marqué ma vie, je ne t'oublierai jamais.

     

    Je t'aime.

    Sasha


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  • C'est frustrant !

    Je ne sais pas quelle maison choisir, et je suis trop exigeant apparemment, car je ne trouves pas mon bonheur.

    J'ai envie de garder le contrôle sur la publication, de choisir moi même la couverture, la présentation, le contenu, d'aider à la conception. Ça me paraît très important !

    Pouvez vous m'aider ?

     

    Sasha


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  • Un ange de plus

     

     

     

     

     

     

    La première fois que je l'ai vu, je me souviens avoir hésité entre fille ou garçon. Elle était plus grande que moi, une où deux tête, peut être, ses cheveux bruns étaient courts, elle était assez costaude, sans être grosse. Elle était vêtu de cet éternel gilet rose, et son regard chocolat était tellement scintillant que j'étais sûre qu'elle était gentille. Et c'était le cas.

    Tous les midis, nous nous rejoignons à la cantine pour partager un repas ensemble, puis, nous finîmes par nous retrouver aux récréations, ainsi qu'a l'arrêt de bus, puis dans ce dernier.

    Pendant trois ans, nous nous sommes côtoyés, nous avons tout partagé.

    Elle était tout ce qu'il me fallait. C'était la seule qui réussissait à me remonter le moral lorsque mes notes n'étaient pas au plus haut, où lorsque quelque chose me contrariait. La seule qui me faisait des cadeaux sans rien attendre au retour, la seule qui partageait ses goûters avec moi. Les plus fréquents étaient ces petits pains au lait qu'elle achetait le matin même, dans une petite boutique du coin.

    Elle avait souvent mal à la tête, et ne participait jamais à la boum du collège. Elle préférait le calme.

    La troisième année, j'eus le regret de m'être éloigné d'elle. Bien sûr, on se voyait toujours, surtout le midi, mais j'avais trouvé d'autres copines avec qui passer les récréations. Elle, elle restait plutôt avec les adultes, où seule, elle n'aimait pas l'agitation des adolescents qui courraient à travers la cour.

    Et le jour où elle partit, tout s'effondra pour moi. Nous étions en octobre 2011, et par deux fois tu n'avais pas été présente dans le bus, ni pour les repas, où même les cours.

    Jeudi après midi, à 15h30, après la récréation, nous avions vis de classe avec notre professeur principale. Madame S., qui enseignait l'anglais.

    Même pas cinq minutes avaient passé lorsque le directeur, Monsieur G., et la surveillante, V., pénétrèrent dans la pièce. Ils portaient tous deux une expression grave, et V. avait les yeux pleins de larmes.

    J'avais compris avant tout le monde, comme si c'était une évidence, et mon cœur avait semblé s'arrêter, se serrant incroyablement. J'ai croisé le regard de mon directeur, et ce fut l'élément déclencheur, mes yeux ont débordés, faisant ruisselé de fines gouttelettes d'eau salé sur mes joues. Le temps que l'homme se prononce – évoquant les nombreux dessins qu'elle leur offrait, son côté généreux, j'entendis même mon prénom être évoqué – pour enfin nommer son prénom, le monde sembla tanguer à mes pieds. Dans une autre situation, j'aurais vraiment eu honte de pleurer devant tout le monde, mais ce jour ci, j'en avais rien à foutre. En fait, ce n'était même pas pleurer, ce que je faisais, c'était sangloter. Vraiment. Je m'étouffais même à travers mes larmes, et je voyais le visage de mon amie maculé de larme. C'est vers nous que notre professeur se dirigea en premier – les autres étaient juste sous le choc – tandis que les annonceurs de la mauvaise nouvelle se dirigeaient vers d'autres classe.

    L'adulte tentait de nous rassurer avec des mots réconfortants, mais ce n'est pas cela qui allait la ramener. Je me rappelle avoir eu très chaud, et sortir prendre l'air, croisant des adolescents qui rigolaient dehors, profitant de la situation alors qu'il n'y avait pas cours. Comment pouvaient-ils s'amuser après une telle nouvelle ?

    Je ne pouvais m'arrêter de penser, me posant des milliers de questions, jusqu'à ce que je sois rentrée. Ma mère pleura aussi – mon amie lui avait offert des fleurs pour la fête des mères – touchée par son départ. Le soir même, j'écrivais une lettre à la mère de ma défunte meilleure amie.

    Ensuite, le reste de l'année fut difficile.

    Au début, mes notes restaient constantes. Mais plus le temps passait, plus je décourageais. Je dessinais en cours – pour elle – et mes notes chutaient misérablement. Son enterrement m'avait profondément marqué, et les images de celui-ci ne me quitteront jamais.

    Les cauchemars peuplèrent mes nuits, depuis ce temps là, j'ai vraiment la trouille de la mort. Pas seulement pour moi, aussi pour mes proches. Ça me prend les tripes, encore aujourd'hui, après un tel cauchemar je suis déstabilisée. Ils se sont espacés, bien sûr, mais ils reviennent toujours en traître, me surprenant, me laissant à court de souffle.

    Aujourd'hui encore, je suis marquée par cet événement. À l'âge de seize ans à peine, mon amie avait rejoins les anges, emportée par une tumeur au cerveau dont je n'avais même pas connaissance.

     

    Et les regrets ne m'ont jamais quitté.


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